Le temps de l'arbre

Photomontage préparatoire du projet

Tout bouge, tout change. Le temps applique sa patine sur la nature, modifiant la lumière, les espaces et la matière. Au début, la force de vie est là : la terre devient pousses, puis devient arbres. Au fil des ans, l’arbre devient branches mortes, troncs moussus et copeaux vermoulus pour revenir à la terre.

L’oeuvre propose une lecture des différents stades de transformation du bois, qu’elle soit naturelle ou façonnée par l’homme. En se promenant parmi la futaie nous apparaît, disséminé dans le sous-bois, des silhouettes ressemblant à de jeunes conifères. Ceux-ci attirent le regard, ils contrastent et diffèrent en couleurs et en textures. S’approchant d’eux, le promeneur constate que ces cônes présentent différents états de la matière ligneuse. Chaque cône est composé d’une seule transformation de la matière, celle-ci s’imposant d’elle-même par sa teinte et son graphisme. Ainsi, l’on découvre des cônes de copeaux vermoulus, des cônes de bûches moussues et des cônes de branches mortes (éléments représentant l’évolution naturelle du cycle de l’arbre), des cônes de croûtes de bois et des cônes de planches (issus de la transformation humaine et manuelle).

 Si l’on s’aperçoit du passage du temps sur nos objets du quotidien, on le remarque moins au sein de la forêt, celle-ci semblant un lieu immuable dans notre imaginaire ou se transformant si lentement que notre regard le perçoit peu. L’installation veut modifier cette perception en présentant séparément ces altérations de l’arbre. L’oeuvre continuant à vivre d’elle-même et se transformant dans le temps jusqu’à une quasi similitude de métamorphose finale: un retour à la terre.