Le lieu de l'homme

Crédit photo: Michel Dubreuil

Crédit photo: Michel Dubreuil

Crédit photo: Michel Dubreuil

Dans un rapport de l’être humain à la nature, leur intervention d’envergure utilise le bois comme matière brute, transformée pour faire surgir la poésie du lieu. Si la dimension sublime et sacrée de la forêt en fait un lieu de culte et de ressourcement, elle est aussi un immense réservoir de matière première pour l’être humain. En effet, les lieues parcourues par les explorateurs depuis les débuts de la colonisation ne cessent de transformer et exploiter les lieux, jusqu’à un épuisement qu’on sait maintenant éminent. Ainsi, le bois devenu mobilier, charpente, bois de chauffage et papier, est ici magnifié dans sa pureté et son essence, à peine altéré pour en évoquer la force intrinsèque. Sept troncs de pins blancs, tranchés en planches, sont agencés dans l’espace de différentes façons. Un arbre couché et ajouré est déposé au sol, des tranches juxtaposées forment des écrans horizontaux et verticaux, un écran flotte dans l’espace, un tronc dont les planches se chevauchent est déployé en profondeur. La circulation dans l’oeuvre est inhérente à l’expérience qu’en fait le spectateur, qui crée son propre parcours à travers les éléments qui forment un tout cohérent. Les structures s’érigent dans la forêt telle une cathédrale. Les ouvertures géométriques, si elles témoignent de la transformation de la nature par l’humain, sont comme un immense vitrail laissant traverser la lumière ambiante. Changeante selon l’heure du jour, celle-ci accentue la dimension poétique et spirituelle de l’ensemble. Fenêtres ouvertes, passages entre deux mondes qui cohabitent, celui de l’Homme et de la nature. Hommage à la forêt, qui reprend ses droits.

Chloé Charce, Commissaire du Symposium international d’art-nature de Val-David 2013