Bois d'ébène

Tracé au sol

graphisme de la coque

Piquets de vigne

collecte de bois flotté

Brûlage au chalumeau

Piquets de vigne en acacia, bois flottés calcinés, cordes de chanvre

10m X 2,50m X 3m

Photo: Isabelle Aeschlimann

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’estuaire de la Gironde a vu passer nombre de navires en partance pour les côtes de l’Afrique, continuant ensuite vers les Caraïbes pour y échanger fûts de cognac, vins, céréales et ce ''bois d’ébène'' collecté au Bénin ou au Ghana contre du coton, du sucre de canne et du rhum. Ce commerce triangulaire a participé à l’essor économique des rives de la Gironde et c’est une page d’histoire moins glorieuse, que l’on hésite à évoquer. Pourtant, notre devoir de mémoire ouvre aussi la porte vers une réflexion sur nos pratiques actuelles: si ce type de traite humaine est révolue, il n’en demeure pas moins que d’autres formes d’esclavage existent encore aujourd’hui (travail à la chaîne, enfants soldat, commerce du sexe…), et ce sans remettre en question notre éthique de consommateurs, tout comme au XVIIIe.

 

L’œuvre souhaite évoquer ce moment d’histoire dans une sorte de mémorial éphémère en hommage aux ancêtres de ma fille adoptive d’Haïti qui, déracinés de leur culture, ont travaillé tout le reste de leur vie comme esclaves aux plantations de canne à sucre et de coton.

 

L’installation est composée de trois groupes de troncs noircis par le feu (troncs arrachés à la terre par les intempéries gisant le long du cours de la Gironde), entravés de cordes de chanvre, nouées autour d’eux, dans une barque stylisée faite de piquets vigne