Démarche

Michel Bachelet et Christine Juillard travaillent ensemble depuis 2006 et ont créé le collectif d'intervention Zoné Vert. Avec ce nom, ils veulent souligner leur appartenance à la ruralité et à leur désir d’intervenir en nature et avec la nature mais aussi de questionner celle-ci vis-à-vis des activités humaines et des milieux urbanisés.

Le collectif est né de la volonté de ces deux artistes, nés en France et vivant au Québec depuis plus de 20 ans, d’unir leur créativité afin de concevoir des oeuvres d’envergure en nature. Habitant la même région rurale au Québec où la vie sociale et culturelle est riche, ils ont eu la chance de se rencontrer, de converser, d’échanger et de réaliser côte à côte des oeuvres de Land Art. C’est bien leur manière similaire d’aborder l’art en général et les oeuvres en nature en particulier qui les a rapprochés et leur a donné envie de collaborer plus étroitement. Au collectif peut parfois se greffer d’autres collaborateurs (ex : projet Sans limites, pas de jardins).

La volonté de créer dans et avec la nature entraîne un déplacement sur le territoire, une anatomie des lieux, un inventaire des espèces végétales et minérales puisque les lieux sont variés et riches de leur spécificité où chaque élément participant à l’écosystème crée ses propres modes de reproduction, d’alimentation, de survie et de régénération. Il s’agit de travailler avec les composantes du lieu, ses forces, son atmosphère, son passé et son esprit.

Nous nous imprégnons des paysages et des lieux afin d’en révéler, par nos interventions, les drames et les tensions sous-jacentes dans une recherche architecturale, formelle et esthétique. Pour cela, nous explorons l’utilisation du bois de façon graphique, en exploitant les caractéristiques propres aux parties «moins nobles», comme les branches, les troncs ou la planche brute. Le jeu des textures s’intègre dans un concept architectural contemporain où les éléments que l’on considère habituellement comme inanimés entrent en mouvement, marquent un espace, cernent la lumière.

Après plusieurs années de travail extérieur – en forêt, sur des lacs et des rivières ou encore dans des champs – leur réflexion les amène à explorer davantage les lieux façonnés par l’homme et à introduire leur vision revisitée de la nature dans les centres d’artistes et les espaces urbains.